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2013 - 2015

Les nourrissons commencent leur aventure linguistique bien avant la production des premiers babillages. Ils assimilent déjà la parole qu’ils entendent en utero. Comment l’expérience linguistique précoce et les capacités perceptives initiales s’influencent mutuellement pendant l’acquisition du langage ? Ce projet se propose de répondre à cette question fondamentale dans un contexte où comportement et cerveau se conjuguent. Nous examinerons le développement linguistique précoce et ses bases neuronales en couplant des méthodes comportementales avec l’électrophysiologie et l’imagerie optique. Le projet comporte deux axes. L’ Axe 1 examinera le rôle des indices visuels accompagnant la parole dans la discrimination des langues, à la naissance et à 4 mois de vie chez le nourrisson à terme, aussi bien que chez le nourrisson prématuré. Les nourrissons sont capables de distinguer deux langues appartenant à la même classe rythmique par des indices uniquement auditifs à l’âge de 4 mois, mais cette discrimination est peut-être déjà rendue possible à la naissance grâce à des indices visuels, comme les gestes articulatoires. L’étude de cette hypothèse par imagerie cérébrale nous permettra de mieux comprendre les origines de la spécialisation fonctionnelle pour le langage et la parole. L’Axe 2 explorera comment le nouveau-né à terme et le nourrisson prématuré perçoivent la prosodie linguistique, une caractéristique de la parole qui joue un rôle clef dans l’acquisition de la grammaire. Ce projet contribuera de façon innovatrice à notre connaissance du développement neurocognitif dès le plus jeune âge. La comparaison des nourrissons nés à terme et des nourrissons prématurés nous permettra de mieux cerner le rôle respectif de l’expérience linguistique et de la maturation neuronale.